Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/164

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mie conséquence rigoureuse du principe ; el le Stoïcisme abdiquerait s'il ne l'admettait pas.

De là encore dans le Stoïcisme cet effort perpé- tuel, et comme il le dit lui-même, celle tension, dont il fait la loi de l'existence humaine. 11 faut se raidir sans cesse; et c'est au prix d'une vigilance et d'une vigueur toujours en action, que la vertu s'obtient et se garde. Elle exige les plus pénibles travaux, dont ceux d'Hercule lui-même ne sont qu'un pâle exemple; et tandis que, dans Socrate, elle s'alliait à la sérénité du cœur et à l'assurance imper- turbable de l'esprit, elle a, dans le Stoïcisme, quelque chose d'inquiet et de sombre qui lui convient fort peu. Le sage a peur, on dirait, qu'elle ne lui échappe à tout instant; et en dépit de tout son orgueil, il a trop vivement la conscience de sa fragilité pour ne pas redouter une chule toujours imminente. 11 a comme de continuelles angoisses. Quoi qu'il fasse, il a une secrète défiance de lui-même. Sans se dire (ju'il tente quelque chose de surhumain, il le sent confusément; et il craint toujours d'échouer dans son entreprise impossible.

Mais cette prétention, tout insensée qu'elle est, annonce à la fois la plus grande énergie, et une haute opinion de la dignité humaine. Le Stoïcisme

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