Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/18

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VIII PREFACE.

pensée qu'en ne se manquant point à lui-niènic , il contribue à relever son temps, et que dut le monde entier déserler la vertu, c'est un devoir plus étroit pour lui de savoir lui rester fidèle. Il est assez pro- bable que c'est au fond ce qu'x\ristote a du se dire, puisqu'en dépit de son découragement, il n'en a pas moins écrit son admirable ouvrage. C'est là ce que nous devons penser et faire avec lui ; et moins les circonstances sont favorables à la science morale, plus nous devons nous attacher à elle. "A défaut du succès, ce sera du moins une protestation, dont la postérité saura peut-être tenir compte, si les con- temporains l'ignorent ou la dédaignent. Laissons la société pour ce qu'elle est, sans lui jeter ranalhème, mais aussi sans l'imiter.

D'ailleurs cette action immédiate de la philosophie sur le temps où elle vit, est une prétention et une chimère dont l'orgueil peut quelquefois se repaître, mais qui ne s'est jamais réalisée, et qui par la nature des choses est impossible. La vérité ne peut faire si vite son chemin ; ses pas seraient trop peu sûrs s'ils étaient si rapides ; et c'est avec les siècles qu'il faut compter pour agir profondément sur eux. Tout est faible à l'origine. La religion elle-même, qui a sur les peuples celte immense et bienfaisante influence

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