Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/221

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PRÉFACE. ccxiii

leur foi hideuso, on pourrait les passer sous uu dé- daigneux silence, et l'histoire de la philosophie n'au- rait qu'à les fléirir d'un regard. Mais leur empire est bien autrement vaste, et leur influence, bien autrement pernicieuse. Ce sont les contrées les plus peuplées du globe qui les ont professées, et qui les professent encore, avec une ferveur que rien ne peut éteindre et qui méritait mieux. Le tiers peut-être de l'humanité accepte et adore le Bouddhisme, subissant cette per- version profonde de l'intelligence et de la raison. Lii transmigration et le néant sont les dogmes auxquels se rattache la meilleure partie de l'Asie, inébranlables autant qu'ils sont antiques, aussi vénérés qu'hor- ribles. Entre ces deux principes, trop évidents aux yeux de ces peuples pour qu'ils consentent même à les discuter, une morale ralRnée et subtile essaie d'éclairer et de conduire l'homme dans cette vie, « qui n'est qu'un grand amas de douleurs, » et de le mener à un but qui ne fait cesser tant de mal que pour y substituer le plus grand des maux, l'anéantis- sement absolu.

Il ne faut point trop s'arrêter à ce spectacle na- vrant, et, auprès des systèmes que nous venons de parcourir, ce serait leur faire injure que de placer, même à titre de contraste, le tableau un peu déve-

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