Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/222

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ccxiv PREFACE.

loppé de ces systèmes dégradants. Mais il est bon de rappeler ce s(Tiîvenir, quelque douloureux qu'il soit, et par là de faire mieux apprécier la grandeur et la nature des choses. Il faut nous dire que, si la civili- sation s'est arrêtée au point misérable où nous la voyons en Asie, et si elle n'a jamais pu y former des sociétés dignes de l'homme ; si, au contraire, elle a fait parmi nous tant de progrès, gages de pro- grès plus admirables encore, c'est aux croyances morales que, de part et d'autre, ces résultats sont dus, merveilleux ou abominables, dignes de respect ou d'horreur. A quelle hauteur ne montent point alors ces doctrines qui ont inauguré pour nous tant de bienfaits! Quelle reconnaissance ne doit-on pas à ces âmes surhumaines qui ont révélé ces nobles secrets et dissipé de si fatales ténèbres! Quelle piété, quelle vénération n'est-il pas juste de ressentir envers elles! Et si, après plus de deux mille ans, nous les trouvons capables encore de nous instruire, mal- gré tout ce que nous avons appris, quel culte ne devons-nous pas à ces instituteurs infaillibles de nos cœurs ! La Grèce, notre mère, a plus fait encore pour nos âmes que pour nos esprits; elle a plus contribué à former nos mœurs qu'à éclairer nos inîeUigcnces. Nous sommes ses fils légitimes, quoiqu'un pou ou-

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