Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/228

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ccxx PREFACE.

la jeunesse de n'avoir pas mis à protit depuis long- temps ce penchant de la raison, qui nous fait trouver un vif plaisir dans l'examen le plus raffiné des ques- tions pratiques qu'on nous propose. 11 voudrait qu'en prenant pour texte des leçons un catéchisme pure- ment moral, on habituât les enfants, par des exemples choisis dans l'histoire, à discerner le plus ou le moins de valeur morale des actions. Mais il recommande instamment de leur épargner ces éloges « d'actions «prétendues nobles et plus que méritoires, dont nos "écrits sentimentaux font tant de bruit,» et de rappor- ter tout au devoir exclusivement. 11 craint, en effet, « que de vaines aspirations vers une perfection inacces- » sible ne fassent des héros de roman qui, en cherchant » une grandeur imaginaire, s'affranchissent des devoirs «ordinaires de la vie, devenus pour eux trop insigni-

  • fiants. » C'est que, dans son rigorisme, il ne veut

même pas qu'on pratique la loi morale par amour ; il veut qu'on la pratique uniquement par devoir ; car il n'augure rien de bon de ces exaltations passagères de l'âme, qui la laissent retomber ensuite dans sa lan- gueur accoutumée, et de ces sentiments qui gonllent le cœur sans le fortifier. On exercera donc le juge- ment moral du docile élève à distinguer, dans les exemples qu'on lui fera discuter, les diverses espèces

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