Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/229

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PREFACE. rcxxi

(le devoirs, essentiels ou accidentels, et les véritables intentions des actes, faits, ou non, en vue de la loi morale. Puis, en lui apprenant à reconnaître, dans certains cas, la parfaite pureté de la volonté, on appel- lera son attention sur la conscience qu'il a en lui- même de celte puissance intérieure qu'on appelle la liberté ^, et qui lui permet, à lui aussi, comme aux grands hommes qu'il admire, « de s'affranchir si bien >' dujoug violent des penchantsque pas un, pas même 3 le plus cher, n'influe sur une résolution qui ne doit n émaner que de sa seule raison. » C'est par la con- science de notre liberté, dont la pratique du devoir nous fait sentir la valeur positive, que se produit et s'é- tablit dans le cœur le respect de soi. L'homme, une fois qu'il a fait cette sainte conquête, ne craint rien autant que de se trouver, en s'examinant lui-même, con- damnable à ses propres yeiLX ; et l'on peut enter désormais sur ce sentiment toutes les bonnes inten- tions morales. « Sa liberté affermie, en même temps " que sa dignité et sa noblesse, n'est plus vénale et » ne peut plus être achetée au prix que ses penchants )• trompeurs lui en offrent. « 

��(1) Cette théorie de la liberté, qui est la vraie, contredit uu peu cette théorie toute différente de Kant que j'ai dû réfuter plus haut , p. CLXXIII et suiv., et qui tire la liberté, à l'état du simple postulat ou hypothèse, du concept de la loi morale.

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