Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/233

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j’en vénère la profonde sagesse ; et il serait téméraire de prétendre les modifier en rien. Mais il peut être bon de les développer, afin de les rendre encore plus pratiques.

Un des auxiliaires les plus puissants des progrès de la morale, ce serait le perfectionnement de l’éducation. Or, l’éducation se compose presque nécessairement de deux parties, dont Tune appartient à la famille, et dont l’autre appartient aux maîtres. La première est beaucoup plus importante que la seconde, parce qu’elle concerne l’âme, tandis que l’autre concerne surtout l’intelligence. Malheureusement, c’est la première qui est, en général, la moins suffisante. Le moraliste devrait donc, tout en s’occupant des enfants, s’adresser d’abord aux parents; et leur bien persuader que l’éducation, avant d’être un bienfait, est un devoir. Kant exagère, quand il dit que l’homme n’est que ce que l’éducation le fait être[1]. Mais ce qui est incontestable, c’est que l’homme ne devient tout ce qu’il peut être, que quand l’éducation a fécondé les germes que la nature met en lui. C’en

  1. Ce n’est peut-être pas Kant qui a pris une formule aussi positive. Mais c’est ce qu’on lui fait dire dans le Traité de Pédagogie, rédigé d’après ses leçons et publié sous ses yeux, page 335 de la traduction de M. J. Tissot.