Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/246

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ccxxwiii PREFACE.

pas digne d'un être raisonnable, et qu'avant de faire, il convient de savoir. C'est en ce sens uniquemenl que la vertu et la science se confondent. Mais il est trop évident que savoir n'est rien, si l'on n'agit point en conséquence de ce que l'on sait , et qu'il n'y a de réelle vertu qu'au prix d'une science préalable et d'une action conforme à la science. On ne saurait donc apporter trop de soin à se bien comprendre soi- même, et à se connaître, comme le voulait l'oracle de Delphes ^ C'est en cela précisémeut que consiste le courage moral, dont larle Kant, et que le vulgaire place trop souvent dans l'acte extérieur. L'acte interne est bien autrement pénible, comme il est bien autrement difticile. Pour l'accomplir, on n'est en ftice que de soi-même ; et si l'on peut tout espérer de Dieu, qui scrute les cœurs, on ne peut rien attendre des hommes, qui ne peuvent les connaître. Dans l'acte du dehors, au contraire, dans l'action propre- ment dite, on a du moins l'aiguillon de l'estime qu'on obtient de ses semblables, et qui manque rarement à la vertu, quoi qu'on en pense. On se soutient par

��(1), C'est aussi en ce sens que Kaul, le comprend. Voir les r)-in- (ipcs viétoplujsiqiics de la morale, p. 2/i6, trad. ûo M. J. Tissot,

>* édition. Socrate ne le comprend pas tout à l'ait de même, dans

le Pliidre, page 9 do la trad. de M. V. Cousin.

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