Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/247

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PREFACE. r(Axxix

l'espoir ot la certitude de la louange. Dans le for inté- rieur, c'est le devoir seul qui parle et qui conseille ; et il faut que l'âme soit bien honnête et bien pure pour se contenter de ses charmes austères. Ce sont pourtant les seuls qui la doivent vaincre ; mais ils s'obscurcissent pour peu que sa vigilance se lasse ; et quand elle néglige quelque temps de les regarder, elle ne sait plus les discerner avec autant de sûreté ni de plaisir.

C'est là sans doute ce que veulent dire les Stoïciens par cette tension incessante qu'ils exigent du sage. Mais la connaissance de soi-même, dont ils ne se sont point assez occupés, ne demande pas ce perpé- tuel effort de la volonté. C'est d'une observation plus délicate et plus intime qu'il s'agit; et Kant qui propose à l'âme humaine, la représentation de la loi morale, pour unique et constant mobile, complète heureuse- ment le Stoïcisme, en l'instruisant de mystères que sa rudesse n'avait point assez étudiés.

Ainsi, la vigilance sur soi-même apprend à l'homme ce qu'il doit faire. Mais il faut , en outre , qu'il le fasse. C'est ici que le précepte stoïcien a toute sa force et toute son utilité. Kant le traduit en nous disant : n Accoutume-toi aux incommodités de la » vie, et ne sois pas esclave de ses commodités, »

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