Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/251

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J'RÉFACE.

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��truirc ses passions, élément indispensable, non pas seulement du bonheur, mais de la vertu, qui n'existe pas sans la lu lie. La loi morale nous prescrit de nous vaincre, mais non de nous mutiler. Pour prendre l'exemple de la passion la plus ordinairement fatale, la loi ne nous impose pas la chasteté; mais elle nous ordonne le mariage. On peut être indépendant sans devenir isolé ni sauvage, et l'on peut diminuer le nombre de ses liens, pour rendre d'autant plus solides et plus étroits ceux qu'on choisit et qu'on garde.

La limite, d'ailleurs, n'est pas en ceci très-difficile à trouver, et le critérium à peu près infaillible est celui même de Kant, bien qu'il l'indique à une autre fin : c'est le conlentement. Loin de souffrir à se re- trancher des besoins factices, on jouit, au contraire, à ces victoires qu'on remporte sur sa propre fai- blesse. On se plaît à rétrécir le cercle pour s'y mouvoir avec plus de facilité et de vigueur. Mais si l'on outre-passe la mesure fixée par la sagesse, au conlentement succède la souffrance, que la tristesse ne tarde pas à suivre. L'âme du Stoïcien peut être in- vincible ; mais elle n'est pas sereine, et l'effort que la vertu lui coûte est un assez mauvais signe de sa pureté. L'accomplissement du devoir n'est pas fait pour assombrir le cœur. Loin de là, il est fait pour

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