Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/260

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r.<i.ii PRÉFACE.

qu'ils onl été répond indubitablement de ce qu'ils doivent toujours être. Ceci ne veut pas dire que la science morale comptera beaucoup d'adeptes, et qu'elle ne verra pas de temps à autre ses principes contestés et obscurcis, comme ils l'étaient au temps de Socrate par les Sophistes , organes des esprits pervers de leur époque. Mais ceci prouve assez claire- rement que la science n'a rien à craindre, et que toutes les fois qu'elle a de redoutables adversaires, elle trouve des défenseurs d'autant plus forts qu'elle est plus attaquée. Si Platon est vainqueur de la Sophis- tique, Kant ne l'est pas moins du matérialisme du xviii" siècle ; et la science morale sort de ces épreuves plus puissante et plus solide. Dans ces retours vic- torieux, elle touche d'autant plus de cœurs qu'elle a eu des ennemis plus violents et plus aveugles. Les âmes se rattachent d'autant plus vivement à elle qu'elle a été plus menacée; et les outrages qu'elle reçoit de la part de ceux qui la nient ne font que re- doubler l'ardeur et le culte de ceux qui lui restent fidèles.

Mais la science morale n'a point à se le dissimuler : même dans ses plus grands triomphes, elle ne sera jamais que le partage de quelques-uns. Avec ses pro- cédés rigoureux, avec ses analyses délicates et pé-

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