Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/259

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PRÉFACE. (XLi

j'ai pu, une part équitable aux mérites et aux défauts de chacun, et donnant heureusement bien plus à la louange qu'à la critique.

Si j'ai réussi à rendre fidèlement l'impression que je ressens moi-même, ce doit être un grand et consolant spectacle que de voir cette ferme assise de la civi- lisation, posée quatre siècles avant notre ère, rester, depuis plus de deux mille ans, immuable dans l'his- toire, comme elle l'est dans la conscience. Les mœurs ont profondément changé depuis le Paganisme jusqu'à nous. Mais la morale avec ses croyances essentielles n'a pas varié. Je ne sais quelles âmes oseraient à cette heure se flatter de mieux comprendre le devoir et d'en parler mieux que Socrate et son disciple. Si la morale n'a point changé dans ce long passé, nous pouvons assurer avec une pleine certitude qu'elle ne changera pas davantage dans l'avenir; et les desti- nées morales de l'esprit humain, du moins dans la race privilégiée à laquelle nous appartenons , ne peuvent inspirer aucune sérieuse 'inquiétude. Les peuples qu'ont civilisés à l'envi la Grèce, Rome et le Chistianisme, n'abjureront pas leur foi morale, quelles que soient les révolutions que subissent encore leurs mœurs et leurs lois. Ils resteront fidèles aux tradi- lions de leurs ancêtres ainsi qu'a cux-mùmcs; et ce

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