Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/264

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r.ni.vr DISSERTATION

régulière de3 trois, la plus connue et la seule que les anciens aient commentée, porte au suprême degré l'em- preinte aristotélique. Mais dans les autres, la trace du maître est encore très-marquée ; et l'on ne peut nier, ce semble, que, si la Grande Morale et la Morale à Eudème ne sont pas de la main d'Aristote, elles ne soient de son école et d'un temps fort rapproché de lui.

Qu'est-ce donc que ces trois rédactions? Quels rapports exacts ont-elles les unes avec les autres ? Est-ce Aristote lui-même qui s'est repris jusqu'à trois fois pour exposer son système de morale ? Sont-ce des résumés de ses leçons recueillis par des auditeurs plus ou moins intelli- gents, qui se seront glissés dans les manuscrits du maître? Sont-ce des paraphrases ou des extraits faits dans des temps postérieurs par des mains plus ou moins habiles ? Est-il possible, soit à l'aide du témoignage de l'antiquité, soit par la comparaison des ouvrages eux-m.êmes, de savoir précisément ce qu'il en est et d'arriver à quelque certitude ? Ce sont là des questions très-délicates et très- difficiles à résoudre. Mais il est bon de les agiter du moins, et ce serait déjà quelque chose que de savoir qu'on ne peut dissiper complètement l'obscurité qui les couvre.

Ce n'est pas là d'ailleurs une recherche de pure curio- sité ; elle a son côté utile. Comme l'a prouvé M. Zell par ses notes sur la Morale à Nicomaque, dont il a donné une excellente édition, comme l'ont fort bien remarqué M. Brandis ^ et tous les historiens de la philosophie, on

��(1) Manuel de riiistoire de la philosophie Gréco-Romaine, 1" moitié de la seconde section de la seconde partie, Btrlin 485.'), page 121, areniaud.

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