Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/265

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PRÉLIMINAIRE. cr.i.Mi

ne saura faire une exposition de la Morale d'Aristote sans consulter la Grande Morale et la Morale à Eudème. Si l'on ne trouve pas dans ces deux ouvrages des différences graves, on y peut saisir cependant des nuances qu'on aurait tort de négliger; et sans elles, le génie d'Aristote, s'il n'est pas amoindri, est au moins quelque peu mutilé, ('/est le restituer dans une partie assez importante de son ensemble, que de ne point séparer la Morale à Nicomaque des deux autres ouvrages, qui, depuis deux mille ans à peu près, la suivent et l'accompagnent. La Grande Morale pourrait jusqu'à un certain point en être détachée. Mais pour la Morale à Eudème, c'est radicalement impossible. Il y a trois livres qui sont communs à la Morale à Mco- maque et à la Morale à Eudème ; ils se répètent identiques de part et d'autre. Dans la Morale à Nicomaque, qui compte dix livres, ces trois-là sont le cinquième, le sixième et le septième ; dans la Morale à Eudème, ce sont les livres quatrième, cinquième et sixième. Mais sauf cette différence tout extérieure de position, les trois livres communs sont absolument pareils ; et les manuscrits de r un de ces deux ouvrages peuvent à cet égard servir par- faitement à contrôler les manuscrits de l'autre i.

D'où vient cet enchaînement si étroit de la Morale à Nicomaque et de la Morale à Eudème? Auquel de ces deux ouvrages appartiennent primitivement ces trois livres communs? Ont-ils passé de la Morale à Nico- maque dans la Morale à Eudème, dont on aura voulu

��(1) En général même, les trois livres de la Morale à Eudème iif ;,ont pas répétés dans les manuscrits; elles copistes se contentent de renvoyer aux livres de la Morale à Nicomaque.

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