Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/286

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ccLxxviii DISSERTATION

la Renaissance, on ne s'en occupe point ; et c'est à peine si, dans une note très-courte, Casaubon, éditeur d'Aris- tote, signalait le double emploi que font les deux disser- tations sur le plaisir, dans le vu' et le x" livres de la Morale à Nicomaque. Il voulait attribuer la première à Eudènie, auteur présumé, selon lui, de la Morale qui porte son nom. Depuis Casaubon, et malgré les attaques de Patrizzi, la question ne fit pas un seul pas; et tous les éditeurs se contentèrent de reproduire l'édition des Aides, avec les fautes, qui trop souvent la rendent inintel- ligible, dans la Morale à Eudème particulièrement. Il n'était pas possible d'ailleurs qu'une question aussi grave échappât à la critique contemporaine ; et ce fut l'éminent esprit de Schleiermacher qui le premier la signala et tenta de la résoudre.

Schleiermacher avait été conduit, par ses travaux sur les principes et sur l'histoire de la science morale, à con- sulter fréquemment les ouvrages moraux d'Aristote, et par suite, à rechercher ce que pouvaient être les trois rédactions arrivées jusqu'à nous. Il avait consacré à cette discussion plusieurs dissertations, dont une seule a été retrouvée dans ses papiers. Elle est au tome m de la philosophie, dans ses OEuvres complètes, m* partie (de la page 306 à la page 333). Par malheur, cette disserta- tion unique est elle-même inachevée. Elle mérite néan- moins beaucoup d'attention, bien que le titre démontre qu'elle n'est qu'un premier fragment d'un ensemble plus complet. Mais de la main de Schleiermacher, des débris même sont encore importants. Il en avait fait l'objet d'une lecture devant l'Académie des sciences de Berlin, le h décembre 1817.

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