Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/320

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cccxii DISSERTATION

paraît même vouloir dhe tout le contraire, puisque, quand Eudème ne fait que reproduire A.ristote, il a grand soin de le remarquer i. Il est donc probable qu'il ne le reproduit pas toujours. Mais la Morale à Eudème, si elle n'est pas une paraphrase, n'est-elle qu'une reproduction ?

D'un autre côté , n'est-il pas plus singulier encore, comme le supposent M. Fischer et M. Fritzsch, qu'un disciple si humble n'ait pris cette apparence que pour corriger et même contredire son maître? Quel rôle lui fait-on jouer? Et quel nom donner à cette hypocrisie, qui cache une sorte de trahison ? Si le fait était historique, il faudrait bien l'accepter, sauf à le condamner. Mais, pour- quoi l'inventer à plaisir, par une hypothèse qui n'est pas suffisamment justifiée ? Si, de plus, on prête à Eudème des sentiments de religion et de piété, qu'il oppose aux doc- trines moins sages de son maître, comment a-t-il pu se faire l'apôtre du plaisir, et défendre une théorie que l'im- piété seule de l'Epicuréisme a pu soutenir ? Cette dis- cussion du sixième livre de la Morale à Eudème, qui choque si vivement dans le septième de la Morale à Nico- maque, est rendue formellement au disciple, parce qu'elle contredit le système du maître , à ce qu'on prétend. Mais ne contredit-elle pas davantage encore le système qu'on prête à Eudème ? Et faire du plaisir le souverain bien , convient-il à une âme qu'on suppose animée d'une piété si élevée et si intelligente ?

On transfère encore à la Morale à Eudème deux des livres communs, plus un chapiti'e qu'on laisse à Eudème,

(i) Slmplicius, sur la Physique d'Aiislote, fol. 1-j, et M. Brandi^ Si-livlia iii Aristoiclrni, p. .'i70, 6, -Jo.

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