Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/421

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
7
LIVRE I, CH. I, § 19.

choses est tout à fait inféconde, absolument comme elle l’est pour les gens qui, dans un excès, perdent la possession d’eux-mêmes. Au contraire ceux qui règlent leurs désirs et leurs actes par la seule raison, peuvent profiter beaucoup à l’étude de la politique.

g 20. Mais bornons-nous à ces idées préliminaires sur le caractère de ceux qui veulent cultiver cette science, sur la manière d’en recevoir les leçons, et sur l’objet que nous nous proposons ici.

CHAPITRE II.

Le but suprême de l’homme, de l’aveu de tout le monde, c’est le bonheur. — Diversité des opinions sur la nature même du bonheur ; on n’étudiera que les plus célèbres ou les plus spécieuses. — Différences des méthodes suivant qu’on part des principes ou qu’on remonte aux principes. — On juge en général du bonheur par la vie qu’on mène soi-même ; la recherche des plaisirs suffit au vulgaire ; l’amour de la gloire est le partage des natures supérieures, ainsi que l’amour de la vertu. — Insuffisance de la vertu réduite à elle seule pour faire le bonheur ; dédain de la richesse.

§ 1. Reprenons maintenant notre première assertion ;