Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/433

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LIVRE I, CH. III, § 10.

des biens en soi, il faudra que la définition du bien soit manifestement la même dans tous ces cas divers, comme la définition de la blancheur est évidemment identique pour la neige et pour la céruse. Or pour les honneurs, pour la pensée, pour le plaisir, les définitions sont autres et fort différentes, en tant que toutes ces choses sont des biens. Concluons donc que le bien n’est pas quelque chose de commun qu’on puisse comprendre sous une seule et unique Idée.

§ 12. Mais comment toutes ces choses sont-elles appelées des biens ? Ce ne sont pas là certainement de ces homonymes, de ces équivoques que crée le hasard. Sont-elles comprises sous une appellation pareille, parce qu’elles viennent toutes d’une seule origine, ou parce qu’elles tendent toutes à un seul but ? Ou n’est-ce pas plutôt par simple analogie ? Ainsi par exemple la vue dans le corps a de l’analogie avec l’entendement dans l’âme ; et comme telle autre chose a de l’analogie avec telle autre. § 13. Mais peut-être faut-il pour le moment laisser de côté toutes ces questions ; il appartient plus spécialement à une autre partie de la philosophie de les traiter avec la précision désirable ; et l’on pourrait en dire