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LIVRE I, CH. VI, § 1.

sont par la sensibilité ; d’antres le sont encore par une sorte d’habitude ; d’autres enfin viennent d’une autre origine. Il faut apprendre à traiter chacun de ces principes par la méthode qui répond à sa nature, et l’on ne saurait apporter trop de soin à les bien déterminer. Ils ont une grande importance pour les déductions et les conséquences qu’on en tire ; car l’on a bien raison de dire que le principe, ou le commencement, est plus que la moitié en toute chose, et qu’il suffit à lui seul pour éclaircir bien des points dans les questions que l’on discute.

CHAPITRE VI.

Justification de la définition du bonheur proposée plus haut ; pour bien se rendre compte de cette définition, il faut la rapprocher des attributs divers qu’on donne vulgairement au bonheur. — Division des biens en trois espèces : biens du corps, biens de l’âme, et biens extérieurs. — Le bonheur implique nécessairement l’activité. — L’activité réglée par la vertu est la plus haute condition du bonheur de l’homme. Toutefois les biens extérieurs complètent encore le bonheur et semblent des accessoires indispensables.

§ 1. Pour bien comprendre le principe posé ici, il ne faut pas s’en tenir seulement à la conclusion à laquelle nous avons abouti, ni aux éléments qui composent la définition du bonheur donnée par nous ; il faut s’éclairer en