Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/456

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��MORALE V MCOAIAQIjE.

��personne ne peut appeler heureux l'homme qui a éprouvé tant de fortunes et qui a fini si misérablement. § 12. Est- ce donc à dire qu'il ne faille jamais aflirmer qu'un honmie est heureux tant qu'il vit encore ; et que suivant la maxime de Solon , on doive toujours attendre et voir la fin? § 13. Mais s'il faut accepter cette théorie, l'homme n'est-il donc heureux qu'après qu'il est mort? N'est-ce pas là une absurdité frappante, surtout quand on soutient, comme nous le faisons, que le bonheur est une certaine application de l'activité? § là. Si nous ne pouvons pas admettre que l'homme ne soit heureux qu'après sa mort, et Solon ne prétend pas cela non plus ; et si nous voulons dire seulement qu'on ne peut avec assurance appeler un honnne heureux, que quand il est hors des atteintes de tous les maux et de toutes les infortunes, cette opinion ainsi restreinte ne laisse pas que de présenter encore matière à controverse. Il semble en effet dans ce système, qu'il reste après la mort des biens et des maux, qu'on éprouverait alors comme on en éprouve aussi durant la vie, sans d'ailleurs les sentir personnellement ; et par exemple, les honneurs et les affronts, ou d'une manière plus générale, les succès et les revers de nos

��§ 12. Suivojit lamasimedc Solon. Elle est encore rappelée dans la Mo- rale à Eudî'me, liv. II, ch. \, § 10. Hérodote rapporte tout au lonp; !a conversation de Solon et de Crésus, Clio, ch. 30 et suiv., page 9 et suiv., de l'édition de Didot Aristote em- prunte évidemment beaucoup de traits à l'historien.

§ lo. Aprh qu'il cal )norl. Cou-

��séquence peu rigoureuse. Dans l'opi- nion de Solon, c'est seulement quand l'homme est mort qu'on peut dire s'il a été heureux, ou non, durant sa vie. Aristote d'ailleurs va limiter lui- même à ces termes la maxime du sage. § là. Il semble en effet. C'est la même conséquence présentée sous une autre forme; elle n'en est pas plus acceptable.

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