Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/504

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��MORALE A NICOMAQLE.

��^ 2. Ainsi, l'on voit qu'entre les deux sentiments de crainte et d'assurance, le courage tient le milieu. Quant aux deux excès, l'un, qui se rapporte à l'absence de toute crainte, n'a pas reçu de nom dans notre langue; car il y a beaucoup de choses que l'usage a laissées sans nom; mais quant à l'excès d'assurance, l'homme qui le montre se nomme téméraire ; celui qui a un excès de crainte ou un défaut d'assurance, est un lâche.

§ 3. Pour les plaisirs et pour les peines, non pas pour tous sans exception, mais moins encore pour toutes les peines que pour tous les plaisirs, le milieu, c'est la tem- pérance; l'excès, c'est la débauche. Du reste, les gens qui pèchent par défaut en fait de plaisirs, sont bien rares ; et aussi ne leur a-t-on pas donné de nom spécial. Don- nons-leur, si l'on veut, celui d'insensibles.

^ II. En ce qui concerne donner ou recevoir les choses

��ch. 3, et qu'ont adopté et Andro- nicus, et Eustrate. Ce dernier a même cru devoir suppléer le ta- bleau qui manque dans l'œuvre d'Aristote, et il a dressé un cata- logue des diverses vertus avec leur excès et leur défaut. Je ne crois pas devoir aller jusque-là. Mais je ne vois rien en ceci que de très-conforme aux habitudes d'Aristote, qui avait joint des dessins à son Histoire des animaux. Les commentateurs et les traducteurs en général ont expliqué le texte de manière à ne comprendre dans l'expression qui y est employée que l'idée de description. Quelque parti qu'on adopte, la pensée n'en

��reste pas moins parfaitement claire.

§ 2. Ainsi l'on voit... Je poursuis mon interprétation, et je suppose que le tableau annoncé dans le § précédent vient d'être lu par le lec- teur. — iV'« pas reçu de nom dans noire langue. Le français n'est pas plus riche que le grec, et notre mot d'impassibilité, qui n'est pas spécial, se prend plutùt en bonne part

§ 3. Donnons-leur, si l'on veut, celui d'insensibles. Il faut faire en français la même restriction qu'Aris- tote fait en grec. Le mot d'insen- sible s'applique sans doute assez bien dans ce cas; mais l'acception en est beaucoup plus large.

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