Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/53

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PRÉFACE. \i.iii

serait coupable envers rimmanité si elle abdiquait en faveur de la politique, comme on le lui a plus d'une fois conseillé. L'honneur vrai de la politique, c'est de se conformer le plus qu'elle peut à la mo- rale éternelle, et de diminuer chaque jour, en mou- lant jusqu'à elle, l'intervalle qui les sépare. Mais la politique, à son tour, peut récriminer contre la mo- rale, et lui dire que le gouvernement des sociétés serait bien autrement facile et régulier, si tous les membres qui les composent étaient vertueux autant qu'ils doivent l'élre. Il est aisé à des sages d'être de dociles et bons citoyens. Mais apparemment, ce n'est pas à la politique de faire les sages ; c'est à elle seu- lement de s'en servir, pour les fins qui lui sont propres. En traçant à grands traits cette rapide esquisse de la science morale, je ne me dissimule pas que ces traits ne m'appartiennent point, et que je les ai empruntés, pour la plupart du moins, à des études qui ont précédé et facilité les miennes. Je les ai demandés à l'observation directe de la conscience ; mais je les ai reçus aussi de la tradition ; et en pre- nant la morale au point où je la trouve, dans notre siècle, au fond de tous les cœurs honnêtes, je s:iis bien que eux non plus ne l'ont pas laite à eux seuls, et qu'ils doivent bccuicoup de ce noble héritagi; aux

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