Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/538

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16 . MORALE A NICOMAQUE.

g 10, Enfin, on ne peut pas dire non plus que l'inten- tion soit le jugement, la pensée ; car le jugement s'ap- plique à tout, aux choses éternelles et aux choses impos- sibles, tout aussi bien qu'à celles qui dépendent de nous seuls. Les distinctions qu'on fait pour le jugement sont celles du vrai et du faux, ce ne sont pas celles du bien et du mal ; et ces dernières distinctions sont surtout appli- cables à l'intention, à la préférence réfléchie. § 11. S'il est impossible que personne confonde d'une manière générale l'intention avec le jugement, il n'est pas même possible qu'on la confonde avec tel jugement parti- culier. C'est parce que nous choisissons avec intention le bien et le mal que nous avons tel ou tel caractère moral ; ce n'est pas parce que nous en jugeons et y pen- sons. § 12. Notre intention s'applique à rechercher telle chose, à fuir telle autre, ou à faire tels autres actes ana- logues ; tandis que le jugement nous sert à comprendre ce que sont les choses, à quoi elles servent, et comment on les peut employer. Mais ce n'est pas précisément par le jugement que nous nous déterminons dans nos préfé- rences à fuir les choses ou à les rechercher.

§ 13. On loue l'intention , parce qu'elle s'adresse à l'objet qui convient, plutôt que parce qu'elle est droite ;

��(lemmcnu.. Voilà la distinction véri- qu'Aristote avait posées un peu plus

table. L'intention ne s'adresse qu'aux haut.

choses qui dépendent de l'homme. $ iZ. Plutôt que parce qu'elle est

Le désir au contraire peut se prendre droite. Au fond, il semble que c'est

à tout, même aux choses les plus la même chose. Si l'intention est

impossibles. droite, elle s'adresse à ce qui con-

§ 10. Soit le jugement, la -pensée, vient ; et si elle s'adresse à ce qui

C'est la dernière des alternatives convient, c'est qu'elle est droite. —

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