Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/579

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tion et l’amour de la science. Sans aucun doute, celui qui ressent l’un de ces deux sentiments , jouit vivement de la chose qu’il aime ; mais son corps n’éprouve aucune passion; et c’est plutôt son âme qui les ressent. Ce n’est pas relativement aux plaisirs de ce genre, qu’on peut dire d’un homme qu’il est tempérant ou intempérant; et ce n’est pas davantage relativement aux autres plaisirs qui ne sont pas corporels. Ainsi, ceux qui aiment à bavarder et à raconter des histoires, et qui passent leurs journées aux plus futiles objets , nous pouvons bien les appeler des bavards; ce ne sont pas des intempérants, pas plus que ceux qui s’afïligent sans mesure de la perte de leur argent ou de leurs amis.

g 3. La tempérance s’applique donc aux plaisirs du corps. Mais, ce n’est pas même à tous les plaisirs corporels, sans exception ; car les gens qui goûtent les plaisirs de la vue, et qui jouissent par exemple de ceux que provoquent les couleurs, les formes, la peinture, ne sont jamais appelés ni tempérants, ni intempérants. Cependant on pourrait soutenir, jusqu’à un certain point, qu’ils le sont ; et il semble que, même dans les plaisirs de cette sorte, on peut ou en jouir comme il convient, ou y pécher aussi, soit par excès, soit par défaut. § ^. Même remarque pour les plaisirs de l’ouïe. On ne penserait ja-

$ 2. Qu’il est tempérant ou intempérant. On pourrait faire ici la même

y pécher aussi, soit par excès soit par défaut.

remarque que fait Aristote un peu § 3. La tempérance... C’est là son

plus bas, en ce qui concerne les plai- vrai caractère, quand on la désigne

sirs de la vue. L’ambition et l’amour d’une façon absolue, et qu’on ne

de la science peuvent être poussés l’applique pas au\ qualités morales

plus loin qu’il ne convient; on peut par quelque restriction de langage.