Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/597

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LIVRE IV, CH. I, g 23. 75

l'exemple des parents et des poètes. L'iioninie libéral a d'ailleurs grand'peiiie à s'enrichir, parce qu'il n'est porté ni à recevoir, ni à garder ; et que loin de là, il est enclin à faire part de ce qu'il a ; et que, n'estimant pas les ri- chesses en elles-mêmes , il ne les apprécie qu'autant (pi' elles lui penuettent de donner. §2J. Voilà ce cpii explique ces reproches si souvent adi'essés à la fortune, d'enrichii' le moins ceux qui seraient les plus dignes d'être riches. Mais l'on voit à ceci mis assez bonne raison ; c'est qu'il en est de l'argent comme de tout le reste : il n'est pas possible d'en avoir, quand on ne se donne aucune peine pour s'en procurer. § 22. Toute- fois, l'homme libéral ne donne point à qui il ne doit pas donner, ni dans les occasions où il ne serait pas conve- nable d'ofirù' un don ; il ne manque à aucmie des conve- nances que nous avons indiquées; car alors il ne ferait î)lus un acte de libéralité ; et s'il dépensait aussi mal son argent, il n'en aurait plus à dépenser dans les circons- tances où il serait convenable de le faire. § 23. Je le répète, on n'est vraiment libéral qu'à la condition de dépenser selon son bien et comme il convient. Celui qui va au-delà de ce qu'il peut, est un prodigue ; et ceci explique comment on ne peut pas dire des tyrans qu'ils soient prodigues ; c'est que leurs richesses sont en

��livre I, page 8, trad. de M. V. Cousin. § 23. Des tyrans qu'ils soient pio- — Des parents et des poètes. C'est digues. Cette observation n'était peut- la comparaison même que fait Pla- être pas déjà fort exacte, quand elle ton. s'appliquait aux tyrans des cités S 21. Voilà ce qui explique. Obser- grecques. Elle ne Test plus du tout, si \ ation fort ingénieuse, et qui se vérifie on l'applique à un certain nombre assez souvent. d'empereurs romains, plus riches sans

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