Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/601

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LIVRE IV, CE. I, § 33. 70

comme je Va\ déjà fait observer, reçoivent aussi, quand ils ne devraient pas recevoir; et, qu'en cela, ils se montrent bien peu libéraux. Ils deviennent avides et prennent de toutes mains, parce qu'ils veulent toujours dépenser, et qu'ils sont bientôt hors d'état de dépenser tout à leur aise. Leurs propres ressources ne tardant pas à s'épuiser, il faut s'en procurer d'étrangères; et, comme ils ne songent guères à lem* dignité ni à l'honneur, ils prennent à la lé- gère, et de toutes façons. Ce qu'ils désirent, c'est de donner. Comment le peuvent-ils? D'où le peuvent-ils? C'est-là ce cpii leur importe le moins, g 32. Voilà aussi pourquoi lem's dons même ne sont pas vraiment libé- raux ; ils ne sont pas honorables, parce qu'ils ne sont pas inspirés par le sentiment du bien, et qu'ils ne sont pas faits comme ils devraient l'être. Parfois, ils enrichissent des gens qu'il faudrait laisser dans la pauvreté , et ils ne feraient rien pour des gens de la conduite la plus respec- table. Ils donnent à pleines mains à des flatteurs ou à des gens qui leur procurent des plaisirs aussi peu relevés que ceux de la flatterie. C'est là ce qui fait aussi que la plu- part des prodigues sont intempérants. Dissipant leur argent avec tant de facilité , ils le dépensent tout aussi aisé- ment pom' leurs excès; et ils se laissent aller à tous les désor- dres des plaisirs , parce cpi'ils ne vivent pas pour la vertu ni pour le devoir.

g 33. Le prodigue, d'ailleurs, répétons-le, se jette dans

��§ ;51. Ce qu'ils désirent, c'est de vant le mérite des gens auxquels ils

donn:r. C'est-à-dire, de contenter s'adressent. — A des flatteurs. Cest

leur passion pei-sonnelle. le cas le plus ordinaire.

§ 32. Comme ils dcrraient l'être. § .,.';. Le prodigue d'ailleurs.

C'est-à-dire, suivant la raison, et sui- Après une censure si sévèi-e, Aris-

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