Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/61

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PREFACE. M

" passions que nous ressentons sont comme autant » (le cordes ou de fils qui nous tirent chacun de -' leur côté, et qui, par l'opposition de leurs mouve- ). ments, nous entraînent vers des actions opposées, » ce qui fait la difTérence du vice et de la vertu. '• Mais le bon sens nous dit qu'il est de noire devoir » de n'obéir qu'à l'un de ces fils, d'en suivre tou- » jours la direction et de résister fortement à tous » les autres. C'est le fil d'or et sacré de la raison, » qui est la loi commune des États comme des indi- » vidus. La raison doit commander, puisque c'est en -> elle que réside la sagesse, et qu'elle est chargée de » veiller sur l'âme tout entière. 11 ne faut jamais

> écouter en soi d'autre voix que la sienne ; car la " droite raison, c'est la voix de Dieu qui nous parle " intérieurement. Ce n'est point honorer suflisam- » ment ce que l'homme a de plus divin en lui; ce » n'est pas faire de son àuie une estime assez grande » que de croire la relever par des connaissances, de ' la richesse ou du pouvoir. Le véritable culte que " nous lui devons, c'est d'augmenter sans cesse eu » elle la vertu, de la défendre contre l'orgueil et les )' plaisirs, contre la mollesse qui fuit lâchement les

> peines nécessaires, contre les craintes pusillanimes

> qui tremblent devant la mort, et contre les séduc-

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