Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/610

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le départ d’illustres étrangers, les présents qu’on fait ou qu’on reçoit dans ces grandes circonstances. Car le magnifique ne fait pas ces énormes dépenses pour lui-même ; il ne les fait jamais que pour le public , et les dons de cet ordre ont quelque ressemblance avec les offrandes saintes qu’on fait aux Dieux.

S 14. Le magnifique sait aussi se faire construire une habitation qui réponde à sa fortune ; car c’est là encore un luxe fort bien placé. S’il convient de beaucoup dépenser, c’est surtout pour les choses qui doivent avoir de la durée, puisque ce sont les plus belles, S. 15. Dans chacune d’ailleurs , il faut toujours observer la convenance ; car les mêmes choses ne conviennent pas et pour les Dieux et pour les hommes, dans un temple ou sur un tombeau. Chacune des dépenses qu’on fait peut être grande en son genre , et la plus magnifique est celle qui est grande dans le grand : par exemple ici, c’est le grand dans cet ordre de dépenses dont nous parlons.

S 16. Mais le grand dans l’objet diffère du grand dans

Il est difficile de montrer de la ma- gnificence dans les actes de la vie privée. — La réteption ou le départ d’illustres étrangers. Que le magni- fique peut recevoir en son propre nom, au lieu de les recevoir au nom de l’État , puisqu’Aristote ne parle ici que des dépenses privées. — Que poiir le public. Le citoyen peut en- core dans ces occasions rendre ser- vice à l’État, sans d’ailleurs être re- vttu d’aucun caractère officiel.

§ 14. Une habitation qui réponde a sa fortune. C’est comme une obligation, que de tout temps s’est imposée l’opulence. — Avoir de la durée. Le motif est en effet très-sérieux et très-raisonnable. C’est de là que vient la splendeur des résidences de l’aristocratie,

§ 15. Observer la convenance. Recommandation fort juste et fort délicate, et qui devait trouver de fréquentes applications dans l’antiquité, — Dans les dépenses dont nous parlons. Dans les dépenses publiques el solennelles pour les besoins de l’État et ceux du culte.