Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/628

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100 MORALE A iNlCOMAQUE.

la manière, dans le moment, et durant tout le temps qu'il convient, celui-là doit recevoir notre approbation. ' (l'est-là, qu'on le sache bien, la vraie douceur, si la douceur est digne d'éloges. L'homme réellement doux sait ne point se troubler, et ne pas se laisser emporter par la passion ; mais il s'irrite dans les occasions où la raison veut qu'on s'irrite , et tout le temps qu'elle l'ordonne. § h. S'il semble que la douceur pèche plutôt par défaut que par excès , . c'est qu'un caractère doux ne cherche pas à se venger , et qu'il incline bien davan- tage au pardon.

§ 5. Mais le défaut en ce genre, soit qu'on l'appelle une impuissance à se mettre en colère, soit qu'on le qua- lifie de tout autre nom , est toujours digne de blâme. On ne peut que traiter de stupides ceux qui restent sans co- lère pour les choses où il faudrait éprouver une colère réelle , ainsi que ceux qui en ressentent d'une manière , dans un temps, ou pour des choses où l'on ne devrait pas en avoir. § 6. Celui qui alors ne s'emporte pas paraît ne rien sentir, et ne pas savoir s' indigner justement. On peut même croire qu'il ne saurait pas se défendre dans l'occa- sion, puisqu'il ne sait pas ressentir de courage. Mais c'est une lâcheté digne d'un esclave de supporter une insulte, et de laisser attaquer ses proches impunément.

��§ 3. La vraie douceur. Ce n'est § 5. Une impuissance à se mettre pas là tout à fait le sens ordinaire où en colère. Aristote exprime cette l'on entend la douceur ; et les mêmes idée par un mot unique, que peut- circonlocutions seraient nécessaires en être il forge lui-même. — Stupides. notre langue pour donner à ce mol Ou peut-être «impassibles,» Iraduc- cctte extension. — Mais il s'irrite, (ion moins exacte, mais qui s'ac- Ceci ne semble pas être un attribut corderait davantage avec ce qui de la douceur. suit.

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