Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/629

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LIVRE IV, CH. V, g 9. i0 7

§ 7. L'excès en ce genre peut aussi revêtir toutes ces nuances. On peut s'emporter ou contre des gens qui ne le méritent pas , ou pour des motifs qui n'en valent pas la peine, ou plus vivement qu'il ne faut, ou plus vite, ou plus longtemps qu'il ne convient. Il va d'ailleurs sans dire que toutes ces circonstances ne se réunissent pas dans un même individu ; car la chose ne se pourrait pas ; le mal se détruit lui-même ; et quand il est aussi com- plet qu'il peut l'être , il devient tout à fait intolérable.

§ 8. Les gens d'un caractère irascible s'emportent vite ; ils s'emportent contre des personnes et dans des occasions qui ne le méritent point ; ils s'emportent plus qu'il ne faut. Il est vrai qu'ils s'apaisent très -vite aussi ; et c'est ce qu'ils font de mieux. S'ils tombent dans ces fautes, c'est qu'ils ne savent pas maîtriser leur colère ; ils réagissent sur le champ, en montrant leur passion, à cause même de l'extrême ardeur du sentiment qui les transporte. Mais ensuite ils se cal- ment avec non moins de promptitude. Ainsi les gens colériques sont d'une vivacité excessive ; ils s'irritent à propos de tout et contre tout le monde, ce qui leur a fait donner leur nom. § D. Mais les gens atrabilaires sont

��g 7. L'excès en ce genre. L'iras- observation, il faut distinguer, comme

cibililé ou la disposition à s'emporter le fait Aristole, entre les gens iras-

toujours et pour tout. ■ — Le mal se cibles et les gens atral)ilaires. Ces der-

déiruii lui-même. Pensée obscure, niers ne s'appaisent pas aussi aisé-

Aristote veut-il dire que l'homme ment.

irascible se corrige lui-même, quand § 9. Les gens atrabilaires. On peut

la cause de son emportement devient remarquer la concision et la vigueur

par trop futile et ridicule ? de ce portrait.

$8. Ils s' njrpaisciU très-vite aussi. § 9. Les gens atrabilaires. La

Tour apprécier la justesse de cette difléreuce de ces deux caractères

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