Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/63

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PRÉFACE. LUI

» el de ue point les départir seulement à quelques-uns > comme les autres arts ; car si tous n'y particij)cnt » point, ajouta le maître des Dieux, jamais les cités » ne se formeront. » C'est de là que vient cette una- nimité des consciences qui toutes répondent, quand on sait les interroger, comme Socrate interroge Polus dans le Gorgias, que le vice est le plus grand mal que l* homme ait à redouter, et que la vertu est le plus grand des biens. Malgré tant d'ignorance, tant de préjugés, tant d'intérêts et de passions, il n'est pas un cœur qui ne dise, s'il veut s'écouter lui-même, qu'il vaut mieux souffrir l'injustice que la commettre, et qu'il est pis d'être oppresseur que d'être victime. Ce sont là « les maximes que nous apprend le sens » commun, et qui sont attachées et liées entre elles » par des liens de ter et de diamant » comme s'ex- prime Platon.

Ainsi le premier devoir de l'homme ou plutôt son seul devoir, car celui-là comprend tous les autres, c'est de vivre selon la droite raison. Sa plus grande faute et sa plus grande ignorance, c'est de se révolter contre la science, le jugement, la raison, ses maîtres légitimes; c'est de prendre en aversion une chose qu'il juge belle et bonne, au lieu de l'aimer; c'est d'aimer et d'embrasser ce qu'il juge mauvais et in-

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