Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/646

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


portent à l’échange de certains discours et de certains actes des hommes entr eux. La différence qui les sépare, c’est que l’un s’applique plus spécialement à la vérité ; et que les deux autres s’appliquent au plaisir. Et des deux qui sont relatifs au plaisir, l’un ne se rapporte qu’à l’amusement proprement dit, tandis que l’autre est relatif aux autres rapports de la vie sociale.


CHAPITRE IX.


De la pudeur et de la honte : c’est plutôt une affection corporelle qu’une vertu ; elle ne sied bien qu’à la jeunesse; et pourquoi. Plus tard, la honte qui consiste à rougir de ce qu’on a fait, ne peut jamais atteindre l’honnête homme, qui ne fait jamais rien de mal. — La honte indique d’ailleurs un sentiment d’honnêteté.

§ 1. On ne peut guères parler de la pudeur ou la honte comme d’une vertu ; elle est, à ce qu’il semble, plutôt une affection passagère qu’une véritable qualité ; et l’on peut la définir une sorte de crainte du déshonneur. § 2. Ses. conséquences même se rapprochent beaucoup de celles qu’a la crainte qu’on éprouve dans le danger. Ceux qui

Ch. IX. Gr. Morale, liv. I, ch. 27 ; Morale à Eudème, livre III, ch. 7.

§ 1. Comme d’une vertu. Parce qu’en effet elle ne peut pas devenir une habitude. Mais Aristote ne lui en rend pas moins justice ; et elle est toujours le signe d’un cœur vertueux.

— Une sorte de crainte du déshonneur. Ceci n’est peut-être pas très-exact. On rougit d’une chose impudique, sans avoir d’ailleurs à redouter le moins du monde qu’elle vous déshonore, si elle n’a pas eu de témoin.