Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/691

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LIVRE V, CH. VIII, g 3. 169

proprement dit, si l'intention ne vient pas s'y joindre. g 3. Quand je dis volontaire, j'entends, comme je l'ai déjà expliqué plus haut, une chose que fait quelqu'un en connaissance de cause, dans des circonstances qui ne dépendent que de lui, et sans ignorer ni la personne à qui cette chose se rapporte, ni le moyen qu'il emploie, ni le but qu'il poursuit. Par exemple, je cite le cas où l'on sait qui l'on frappe, avec quel instrument on le frappe, pour quelle cause, et où chacune de ces conditions ne se pro- duit ni par accident ni par force majeure, comme si quel- qu'un saisissant votre main vous contraignait à frapper cette autre personne ; ce ne serait pas alors avec volonté que vous auriez frappé ; cela ne dépendrait pas de vous. Il se pourrait même que la personne ainsi frappée fût votre père, et que celui qui a guidé votre bras sût bien qu'il allait vous faire frapper un homme et une des per- sonnes présentes, mais qu'il ignorât que cette personne était votre père. On peut faire des hypothèses tout à fait analogues pour le motif qui fait agir, et pour toutes les autres circonstances de l'acte. Du moment qu'on ignore ce qu'on fait, ou que sans l'ignorer l'acte ne dé- pend pas de vous et vous est imposé par la force, cet acte est involontaire. Ainsi, il y a beauooup de choses qui sont dans le cours ordinaire de la nature, et que nous faisons, ou que nous subissons en pleine connaisance de cause, sans qu'il y ait de notre part rien de volontau-e ni d'invo- lontaire : par exemple, vieillir et mourir.

��§ 3. Plus haut. Voir plus haut , peut-être un peu longs, après tous livre III, ch. 1, § 3 et suiv. Les ceu\ qui ont été précédemment développements qui suivent sont donnés et qui sont très-amples.

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