Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/698

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176 MORALE A NICOMAQUE.

quelqu'un ; et faire volontairement c'est savoir contre qui, avec quoi, et comment l'on agit. Il suit de là, ce semble, que l'intempérant, qui, de sa pleine volonté se nuit à lui- même, éprouve volontairement un dommage, et qu'on pourrait ainsi être coupable envers soi-même et se faire un tort personnel. Car c'est une question qu'on a élevée aussi de savoir si l'on peut être coupable envers soi. § 5. On peut faire une autre hypothèse, et supposer que par intempérance on en viendrait à éprouver volontai- rement une injustice de la part d'un autre qui la commet- trait non moins volontairement. Dans cette supposition encore, on souffrirait volontairement une injustice. Mais il vaut mieux reconnaître que notre définition de l'injuste n'est pas exacte et complète ; et il faut ajouter aux condi- tions de savoir à qui, avec quoi, et comment on nuit, cette autre condition que l'on agit contre la volonté de celui qui souffre l'injustice. § 6, On peut donc éprouver du dommage par sa volonté propre, et souffrir même vo- lontairement des choses injustes. Mais personne ne se fait à lui-même d'injustice réelle ni d'injure volontairement ; car personne ne le veut réellement, pas même l'intempé- rant qui ne se possède plus. Loin de là, l'intempérant agit contre sa propre volonté, puisque personne ne veut jamais

��précédent, § i. — L'intempérant qu'il ajoute maintenant avec raison.

C'est une tout autre question, qu'A- § 6. D'injustice réelle. J'ai ajouté

ristote eût pu laisser à la théorie ce dernier mot, qui me semble indis-

générale de l'intempérance. Voir plus pensable pour éviter une contra-

loin, livre VII. diction apparente. — L'intempérant

§ 5. Cette autre condition. Qxi^il qui ne se possède plus. Et qui h' élanl

avait d'abord sous - entendue , parce plus maître de soi, n'a pas agi en

qu'elle semblait toute naturelle , et connaissance de cause.

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