Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/727

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LIVRE Vl, CH. IV, g 5. 205

prudent est en général l'homme qui sait bien délibérer. § 3. Or, personne ne délibère ni sur les choses qui ne peuvent être autrement qu'elles ne sont, ni sur les choses que l'homme ne peut point faire. Par conséquent, si la science est susceptible de démonstration, et si la démons- tration ne s'applique point aux choses dont les principes peuvent être autrement qu'ils ne sont, toutes les choses dont il s'agit ici pouvant être aussi autrement , et la déh- bération n'étant point possible sur les choses dont l'exis- tence est nécessaire, il s'en suit que la prudence n'est ni de la science ni de l'art. Elle n'est pas de la science, parce que la chose qui est l'objet de l'action peut être autrement qu'elle n'est. Elle n'est pas de l'art, parce que le genre auquel appartient la production des choses, est différent de celui auquel appartient l'action proprement dite. § !\- Reste donc que la prudence soit une faculté qui, découvrant le vrai, agit avec l'aide de la raison dans toutes les choses bonnes ou mauvaises pour l'homme ; car le but de la production est toujours différent de la chose pro- duite; et, au contraire, le but de l'action n'est toujours que l'action même, puisque la fin qu'elle se propose peut être uniquement de bien agir.

§ 5. Ceci nous explique que, si nous regardons Périclès et les personnages de ce caractère comme des gens pru- dents, c'est qu'ils sont capables de voir ce qui est bon pour eux et pour les hommes qu'ils gouvernent; et c'est là

��§ 3. Personne ne délibère. Voir précédent la théorie de l'art,

plus haut dans ce livre, ch. 1 , § 13. § â. Car le but de la -production.

— Le genre auquel appartient la Celte idée n'est pas une conséquence

production. Voir dans le chapitre rigoureuse de celles qui précèdent.

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