Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/735

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LIVRE VI, CH. V, <^ 10. 213

sont, ni sur les choses où il n'y a pas un but précis à poursuivre, c'est-à-dire un bien qui puisse être l'objet de notre activité ; et d'une manière générale et absolue, l'homme dont on peut dire qu'il est de bon conseil est celui qui sait trouver par un raisonnement infaillible ce que l'humanité a de mieux à faire dans les choses sou- mises à son action.

g 10. C'est que la prudence ne se borne pas à savoir seulement les formules générales; il faut aussi qu'elle sache toutes les solutions particulières ; car elle est pra- tique, elle agit; et l'action s'applique nécessairement à des'choses de détail. C'est là ce qui fait que certaines gens, qui ne savent rien, sont souvent plus pratiques et plus aptes à agir que ceux qui savent. Entr' autres, c'est là ce qui donne tant d'avantage aux gens qui ont l'expérience pour eux. Par exemple, supposons que quelqu'un sache que les viandes légères sont de facile et saine digestion, mais qu'il ignore quelles sont précisément les viandes lé- gères; ce n'est pas lui qui rétablira la santé du malade; ce sera plutôt celui qui sait que les viandes d'oiseaux spéciale- ment sont légères et saines, qui pourra bien mieux réussir. La prudence est essentiellement pratique; par consé- (juent , elle doit avoir les deux ordres de connaissance ; et à choisir, elle doit surtout avoir la connaissance particu- lière et de détail ; car on peut dire que cette dernière est en ceci comme la science architectonique et fondamentale.

��§ 10. Car clic est pratique. Il naissance générale et la connaissance

semble quela sagesse doit l'être aussi; particulière. — Et fondamentale. Ce

car autrement, elle se confondrait mot n'est que la traduction du mol

avec la science. — Les deux ordres précédent que j'ai laissé sous sa forme

de connaissance, C'esl-à-dire, la con- grecque.

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