Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/74

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Lxiv prp:face.

autre lionime. 11 n'y sera point insensible; car une telle insensibilité est une chimère ; mais il mettra du moins des bornes à sa douleur, soit quand il sera vis-à-vis de ses semblables, soit quand il sera seul vis-à-vis de lui-même. Que faut-il donc faire dans ces épreuves? « Prendre conseil de sa raison sur ce » qui vient d'arriver; réparer sa mauvaise fortune » par les moyens que la raison aura reconnu les » meilleurs ; et n'aller pas au premier choc, portant » la main comme des enfants, à la partie blessée, » perdre le temps à crier; mais plutôt accoutumer » son âme à appliquer le plus promptement possible 1' le remède à la blessure, à relever ce qui est ') tombé, et à se soigner au lieu de se lamenter. » C'est ce qu'un homme peut faire de mieux dans ). les malheurs qui lui arrivent *. »

Je ne crois pas que le génie de la sagesse, éclairée par une étude profonde de la conscience et de la vie, et fortifiée par une absolue confiance en Dieu, puisse jamais donner des conseils plus fermes, plus pra- tiques, ni plus vrais. Ils sont aujourd'hui bien rebat- tus pour nous, s'ils ne sont guèrcs mieux observés. Mais quelle nouveauté n'avaient-ils point, il y a

(1) Platon, ncpul>l!(iii(\ liv. X. pages 255, '256, 257.

�� �