Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/75

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vingt-deux siècles ! Et quelle lumière immense et pure ils versaient dans les cœurs !

Si Platon est aussi savant dans tout ce qui regarde la loi morale et ses conséquences, je ne trouve pas qu’il le soit autant eu ce qui regarde la liberté de Thomme. Sans doute il l’admet ; car sans la liberté, il n’y a point de morale. Mais il laisse planer sur cette question essentielle quelques nuages, qu’il eût été facile de dissiper. 11 fait bien dire par l’Hiérophante , au nom de Lacbésis , une des Parques, filles de la Nécessité : « Chaque âme choisit de sa pleine puissance le Génie auquel elle veut confier sa vie. La vertu, qui n’a point de maître, s’attache à qui l’honore, et abandonne qui la néglige, et Dieu est innocent de notre choix. » Il dit bien dans les Lois, que « Dieu a laissé à la disposition de nos volontés les causes d’où dépendent les qualités de chacun de nous, et que chaque homme est ordinairement tel qu’il lui plaît d’être, suivant les inclinations auxquelles il s’abandonne. « Mais il répète cent fois et sous toutes les tonnes, que la faute est involontaire, et que nul ne fait le mal de son plein gré. Or, si le vice est involontaire, la vertu ne l’est pas moins ; et l’homme est enchaîné pour le bien comme pour le mal, qu’il ne fait ni l’un ni l’autre