Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/752

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230 MORALE A NICOMAQUE.

vertueux, pas plus qu'elle ne le serait à ceux-là même qui ne la possèdent pas. En elFet il n'importe pas qu'ils aient personnellement de la prudence, ou qu'ils se laissent guider aux avis de ceux qui en ont. Cette obéissance à la direction d' autrui peut nous suffire comme pour la santé ; et tout en voulant nous bien porter, nous ne nous mettons pas à apprendre la médecine. § 3. Ajoutez qu'il serait fort étrange que la prudence, tout en étant au-dessous de la sagesse, en fût cependant la directrice et la maîtresse ; car c'est la faculté agissante et productrice qui doit com- mander et ordonner dans chaque cas particulier.

Mais étudions de plus près ces deux vertus, et appro- fondissons les questions que nous avons simplement posées jusqu'ici.

§ II. D'abord, nous disons que nécessairement elles sont par elles-mêmes désirables, puisqu'elles sont l'une et l'autre des vertus de l'une et l'autre partie de l'âme; et si elles ne peuvent rien produire, c'est qu'aucune de ces

��bas. On peut faire des actes de pru- Conséquence peu rigoureuse. Si la

dence, qu'un autre vous inspire et prudence s'applique à d'autres choses

vous impose, sans être prudent per- que la sagesse, elle peut bien diriger

sonnellement. Mais il ne s'en suit pas la sagesse relativement à ces choses,

que la prudence ne soit pas utile. — tout en étant au-dessous d'elle. —

Il n'importe -pas. Il semble au con- Shnplemeni posées jusqu'ici. Les dis-

traire que ceci est de la plus haute eussions antérieures semblaient déjà

importance; car autrement l'homme cependant fort approfondies, si ce

a moins de responsabilité, s'il n'agit n'est très-claires. Il est probable

jamais que par les conseils d'autrui. qu'en tout ceci le texte a été altéré. La comparaison que fait Aristote § h. L'une et l'autre partie de

avec la médecine n'a rien d'exact. La l'âme. C'est-à-dire, la partie douée

médecine est une science, et n'est pas de raison ; et la partie qui, sans être

une vertu. douée de raison, est capable d'obéir

§3. En fût cependant la directrice, à la raison quand on la lui montre.

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