Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/757

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LIVRE VI, CH. XI, § 3. -235

quelque mesure en nous par la seule influence de la na- ture. Ainsi, nous sommes disposés à devenir équitables et justes, sages et courageux, et à développer d'autres vertus, dès le premier moment de notre naissance ; mais cepen- dant nous n'en cherchons pas moins quelqu' autre chose encore, c'est-à-dire, la vertu proprement dite. Nous vou- lons que toutes ces qualités soient en nous autrement que la nature ne les y a mises, attendu que les dispositions purement naturelles peuvent se trouver dans les enfants et jusque dans les animaux. Mais privées du secours de l'entendement, elles n'y semblent guères faites que pour nuire. La moindre observation suffit pour le voir, et pour reconnaître qu'il en est ici comme d'un corps très-lourd qui, s'il marche sans regarder, peut faire les plus lourdes chutes parce que la vue lui fait défaut. § 2. Mais quand l'agent est doué d'entendement, cela fait dès-lors une grande différence dans sa manière d'agir. Sa disposition morale, tout en restant pareille, deviendra de la vertu dans le sens propre du mot. Ainsi donc, on peut dire que, de même que pour cette partie de l'âme qui n'a que la simple opinion en partage, il y a deux qualités distinctes, l'habi- leté et la prudence ; de même il y en a deux pour la partie morale : l'une qui est la vertu purement naturelle et spon- tanée, et l'autre qui est la vertu proprement dite ; et cette vertu supérieure ne se produit pas sans la réflexion et la prudence. § 3. Voilà pourquoi on a pu prétendre que toutes les vertus intellectuelles n'étaient au fond que

��sommes pour rien dans les dispo- § 2. Mais quand l'agent est doue sitionsquine nous viennent que de d'entendement. Et d'une volonté ia nature toute seule. libre. Voir plus haut la théorie de

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