Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/794

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lasciveté, ou par la voracité. C’est que les animaux n’ont ni libre arbitre ni raisonnement ; et qu’ils sont en dehors fie la nature raisonnable, à peu près comme les fous parmi les hommes. § 9. La brutalité d’ailleurs est un moindre mal que le vice, bien que ses effets soient plus effrayants ; le principe supérieur n’est pas perverti dans la brute comme il l’est dans l’homme vicieux; seulement, la brute ne le possède pas. C’est donc comme si l’on com- parait un être animé à un être inanimé, pour savoir quel est le plus vicieux des deux ; car toujours un être est moins mauvais et moins pernicieux quand il n’a pas le principe qu’un autre corrompt; et ce principe ici, c’est l’intelligence. On peut dire encore que c’est à peu près comme si l’on voulait comparer l’injustice et l’homme injuste ; à certains égards, on trouverait tour à tour que l’un des deux termes est plus mauvais que l’autre. Mais un homme méchant peut faire dix mille fois plus de mal ({u’une bête féroce.

��valion, uialgré tous les- sophisnies que l’injuslice est toujours et néccs-

que cette question a fait naître. — A sairement injuste, tandis queThomme

peti près comme les fous. Compa- injuste peut cesser de l’être. La pen-

raison assez juste, bien qu’on ait sée d’ailleurs n’est pas assez claire, et

encore avec un homme fou, malgré elle ne se rattache pas suffisamment

toute sa déraison, des rapports qu’on ne peut avoir avec les animaux.

à ce qui précède. — Plus de mal qu’une bête féroce. Voir la Politique,

S 9. L’injustice et l’homme in- livre I, ch. d, § 13, p. 9 de ma tra-

jvstr. Aristote veut dire sans doute duction, 2* édition.

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