Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/801

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LIVRE VU, CH. VIII, § 3. 279

vice. La perversité qui se plaît dans les débauches, res- semble assez à l'hydropisie ou à la phthisie, c'est-à-dire aux maladies chroniques; l'intempérance ressemblerait plutôt à une attaque d'épilepsie. L'une est constante; l'autre n'est pas un vice continuel. En un mot, l'intempé- rance et le vice proprement dit sont d'un genre tout différent. La perversité, la débauche se cache à elle- même et s'ignure; l'intempérance ne peut pas s'ignorer. ^ "2. Parmi ces gens-là, les moins mauvais sont peut-être encore ceux qui sortent d'eux-mêmes par la violence de leurs passions; ils valent mieux que ceux qui ont leur raison et ne savent pas s'y tenir. Ces derniers en effet se laissent, vaincre par une passion qui pourtant est bien moins forte, et ils ne sont pas surpris par elle sans y avoir réfléchi, comme les autres le sont. L'intempérant ressemble beaucoup aux gens qui s'enivrent en un instant avec très-peu de vin, et en en prenant moins que la plupart des autres hommes.

g 3. On voit donc que l'intempérance n'est pas préci- sément la perversité. Mais en un certain sens elle se confond peut-être avec elle. En effet, si l'intempérance est contre la volonté de celui qui s'y livre, et si la pei-versité est au contraire le résultat d'une volonté réfléchie, l'in- tempérance et la perversité ont des conséquences , qui dans la pratique sont tout à fait pareilles. C'est le mot de Démodocus contre les j\Iilésiens : (( Les j\Iilésiens, disait- il, ne sont pas fous; mais ils agissent comme des fous. »

��§ 2. Ces derniers en effet. Ce sout Comparaison qui est très-juste, si

les intempérants, qui entendent la elle n'est pas d'ailleurs très-relevée,

voix de la raison, et qui ne la suivent § 3. La perversité. Que plus haut

pus. — Qui s'enivrcni en un instant. Aristotc appelait la débauche. — Dé-

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