Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/800

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mélancoliques qui se laissent surtout aller à cette intempérance qu’on peut appeler l’intempérance par emportement. Les uns par l’ardeur de leur nature, les autres par la violence de leurs sensations, sont incapables d’attendre les ordres de la raison, parce qu’ils ne suivent guère que leur imagination et leurs impressions.


CHAPITRE VIII.


Comparaison de l’intempérance et de l’esprit de débauche. L’intempérance est moins coupable; elle n’est pas réfléchie; elle est intermittente. La débauche au contraire est une perversité profonde qui, en faisant le mal, ne se contraint point elle-même. — Portrait de l’intempérant.

§ 1. Le débauché, comme je l’ai déjà dit, n’est pas homme à sentir des remords; il reste fidèle au choix réfléchi qu’il a fait. Au contraire, il n’est pas d’homme intempérant qui ne se repente de ses faiblesses. Aussi, l’intempérant n’est-il pas tel tout à fait que pourrait le faire croire la question que nous nous sommes posée plus haut. L’un est incurable, l’autre peut être guéri de son

faut-il traduire : u n’ont pas assez Ch. Vlll. Gr. Morale, livre II,

réfléchi. » — Et mélancoliques, ch. 8 ; Morale à Eudème, livre VI,

Dans la Grande Morale, livre II, ch. ch. 8.

8, vers la On, où sont reproduites § 1. Comme je l’ai déjà dit. Plus

ces distinctions, Aristote n’est pas haut, ch. 7, § 2. — • Plus haut. Id.

aussi indulgent pour les mélanco- ibid. — L’un est incurable. Le dé-

liques ; loin de les excuser, il les bauché ; l’outre peut être guéri.

trouve plus coupables que les autres. L’intempérant.