Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/81

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reçu eu partage les sentiments du bien et du mal ; cl la lumière qui les éclaire, bien qu'elle soit plus ou moins vive, sullit toujours, quelque faible qu'elle soil, à les guider. Elle sulTit surtout pour que la justice humaine puisse exercer ses vindictes néces- saires. Le coupable a su ce qu'il faisait ; il l'a voulu dans un certain degré. C'en est assez ; on peut le frapper avec équité, sans d'ailleurs renoncer à le frap- per avec proportion et mesure. La justice humaine est assez clairvoyante en ce qu'elle ne punit en général que des coupables. Mais la parfaite appréciation du délit ne lui appartient pas ; ses balances ne sont pas assez sensibles ; et c'est Dieu seul qui peut savoir avec une précision complète jusqu'où la faute est allée, et jusqu'où le châtiment équitable doit la suivre.

Mais poursuivons les conséquences fâcheuses qui sortent du principe faux qu'admet la générosité de i^laton. Si le vice est volontaire, malgré ce qu'en dit IMaton, la vertu ne l'est pas moins. Elle n'est {>as un pur don de Dieu, comme Socrate veut le faire croire au jeune Ménon qu'il instruit i. Certainement Dieu n'a pas doué tous les hommes également pour

(1) ['laloii, Menoti, i>u;,'ys226, 2oJ.

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