Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/813

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LIVRE VU, CH. XI, ^ 5. 291

mauvais. Enfin, une troisième théorie soutient que, quand bien même tous les plaisirs seraient des biens, le plaisir néanmoins ne saurait jamais être le bien suprême,

§ II. En généra], on peut dire du plaisir qu'il n'est pas un bien, parce que tout plaisir est un phénomène sensible qui se développe pour arriver à un certain état naturel ; et qu'aucune génération, aucun phénomène qui se pro- duit, n'est homogène à la fin vers laquelle il tend. Par exemple, jamais la construction de la maison ne peut être confondue avec la maison elle-même. D'un autre côté, l'homme tempérant et sobre fuit les plaisirs ; l'homme pru- dent ne recherche même que l'absence de la douleur, et non pas précisément le plaisir. Ajoutez que les plaisirs nous empêchent de penser et de réfléchir ; et qu'ils nous en empêchent d'autant plus qu'ils sont plus vifs, comme les plaisirs de l'amour. Et qui pourrait en elTet penser à quelque chose dans ces moments-là? En outre, il n'y a pas d'art possible du plaisir, tandis que tout bien est le produit d'un art régulier. Enfin, les enfants et les animaux recherchent aussi le plaisir. § 5. Ce qui prouve bien, dit-on encore, que tous les plaisirs ne sont pas bons, c'est qu'il

��naïque, dont Aristippe fut le fonda- mitre côté. Seconde objection. —

leur, et qu'a plus tard développée Ajoutez que les plaisirs. Troisième

Épicure. objection. — ■ E71 outre. Quatrième

§ t\. En général, on -peut dire, objection. — Enfin. Cinquième ob-

Cette première objection contre le jection. Aristote répondra surtout à

plaisir est toute métaphysique. Le la première.

plaisir est un simple phénomène, § 5. Dit-on encore. J'ai ajoute

transitoire et relatif; donc il ne peut ces mots pour bien montrer qu'Aris-

étre un bien. — Un phénomène sen- tote continue l'exposition des objec-

sihle. C'est-à-dire, qu'éprouvent les tions, et qu'il ne parle point encore

êtres doués de la sensibilité. — D'un ici en son nom.

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