Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/838

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31C MORALE A NICOMAQUE.

doit être regardée comme de l'amitié, g h. Mais ne faut- il pas ajoiiter que, pour être vraiment de l'amitié, cette bienveillance ne doit pas rester ignorée de ceux qui en sont l'objet? Ainsi, il arrive souvent qu'on est bienveillant pour des gens qu'on n'a jamais vus ; mais on suppose qu'ils sont honnêtes, ou qu'ils peuvent nous être utiles; et alors le sentiment est à peu près le même que si déjà un de ces inconnus vous rendait l'affection que vous éprouvez pour lui. Voilà donc des gens qui certainement sont bienveil- lants les uns envers les autres. Mais comment pourrait-on donner le titre d'amis à des gens qui ne connaissent pas leurs dispositions réciproques ? Il faut donc, pour que ce soient de véritables amis, qu'ils aient les uns pour les autres des sentiments de bienveillance, qu'ils se veuillent du bien, et qu'ils n'ignorent pas le bien qu'ils se veulent mutuellement, à l'un des titres dont nous venons de parler.

��proquc. C'est une condition indis- § !i. Ne doit pas rester ignorée. pensable pour qu'il y ait réelle amitié. Autre condition aussi nécessaire.

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