Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/845

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LIVRE VIII, CH. IV, g 2. 323

se sont mutuellement utiles. Ce qui peut surtout faire durer les amitiés fondées sur le plaisir et l'intérêt, c'est quand une égalité complète s'établit de l'un à l'autre des amis, par exemple, pour le plaisir. Mais la liaison ne s'aftermit pas seulement par ce motif; elle peut s'affermir encore parce que les deux personnes puisent cette égalité qui les rapproche à la même source, comme cela se passe entre gens qui sont tous deux de bonne société, et non comme entre l'amant et celui qu'il aime. Car ceux qui s'aiment à ce dernier titre n'ont pas tous les deux les mêmes plaisirs ; l'un se plaisant à aimer, l'autre, à rece- voir les soins de son amant. Quand l'âge de la beauté vient à passer, parfois l'amitié passe ;. celui-ci n'a plus de plaisir à voir son ancien ami ; celui-là n'en a plus à rece- voir ses soins. Beaucoup cependant restent liés encore, quand les habitudes se conviennent, s'ils ont contracté dans ce long commerce une affection mutuelle pour leurs caractères. § 2. Quant à ceux qui ne cherchent pas un échange de plaisirs dans leurs liaisons amoureuses, mais qui n'y voient que l'intérêt, ils sont à la fois moins amis et le restent moins longtemps. Les gens qui ne sont amis que par pur intérêt, cessent de l'être avec l'intérêt même qui les avait rapprochés ; ils n'étaient pas véritablement

��bas, les amis ne se plaisent que par forme aux opinions de son temps,

leurs vices. — De bonne société. Et tout en blâmant ces infamies. —

l'on pourrait ajouter « de bonnes Quand l'âge de la beauté... Il faut

mœurs », comme la suite le prouve, faut voir dans le Plièdre de Platon,

— Entre l'amant et celui qu'il aime. p. 71 de la traduction de M. Cousin,

Ces liaisons repoussantes ne de- des détails tout à fait analogues; je

vraient pas figurer dans une théorie crois qu'Aristoie se les rappelait en

de l'amitié ; mais Aristole se con- écrivant ce passage.

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