Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/858

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336 MORALE A NICOMAQUE.

richesse ou de telle antre chose, entre les individus ; alors ils cessent d'être amis, et ils ne se croient même plus capables de l'êti^. Ceci est très-particulièrement mani- feste en ce qui concerne les Dieux, puisqu'ils ont une supériorité infinie en toute espèce de biens. On peut même voir encore quelque chose de tout pareil pour les rois. On est tellement au-dessous d'eux en fait de richesse qu'on ne peut pas même vouloir être leur ami, pas plus que les gens qui n'ont aucun mérite ne pensent à pouvoir être les amis des hommes les plus éminents et les plus sages.

§ 5. On ne pourrait pas poser une limite très-précise dans tous ces cas, ni dire exactement le point où l'on peut encore ^être amis. Certainement, il est possible de retrancher beaucoup" aux conditions qui font l'amitié, et qu'elle subsiste encore ; mais quand la distance est par trop grande, comme celle des Dieux à l'homme , l'amitié ne peut plus subsister. § 6. Voilà comment on a pu se poser cette question de savoir si les amis souhaitent bien réelle- ment à leurs amis les plus grands biens, par exemple, de devenir des Dieux ; car alors ils cesseraient de les avoir pour amis ; ni même s'ils peuvent leur souhaiter du tout des biens, quoique les amis désirent le bien de ceux

��extension, quel que soit l'objet auquel l'homme. Répétition de ce qui vient

il s'applique, richesse, pouvoir, ta- d'être dit quelques lignes plus haut, lent, etc. § 6. Se poser cette question. Assez

§ h. Pour Icsrois. Il fautserappe- subtile, comme on peut le voir, et qui

peler qu'Aristote a vécu longtemps ne contribue guère à compléter la

dans l'intimilé de Philippe et d'A- théorie de l'amitié. Ce n'est pas du

lexandre. reste Aristote lui-même qui la pose,

§ 5. Comme celle des Dieux d et il ne fait que la rappeler.

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