Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/859

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LIVRE YIII, CH. VIII, § 1. 337

qu'ils aiment. Mais si l'on a en raison de dire que l'ami veut le bien de sou ami pour cet ami lui-même, il faut ajouter que cet ami doit demeurer dans l'état où il est; car c'est en tant qu'homme qu'on lui souhaitera les plus grands biens. Et encore, ne pourra-t-on pas les lui souhaiter tous sans exception, puisqu'en général c'est avant tout à soi-même que chacun de nous veut du bien.

��CHAPITRE VIII.

��En général, on préfère être aimé plutôt que d'aimer soi-même : rôle du flatteur. — De la cause qui fait qu'on recherche la consi- dération des gens qui ont une haute position. — Exemple de l'amour maternel. — La réciprocité d'affection est surtout solide quand elle est fondée sur le mérite spécial de chacun des amis ; liaison entre gens inégaux. — Ridicule des amants. Rapports des contraires; ils ne tendent pas l'un vers l'autre; ils tendent au juste milieu.

§ 1. La plupart des hommes, mus par une sorte d'am- bition, semblent préférer qu'on les aime plutôt qu'aimer eux-mêmes. Voilà pourquoi aussi les hommes en général aiment les flatteurs ; le flatteur est un ami auquel on est supérieur, ou du moins qui feint d'être à votre égard dans

��Ch. VIII. Gr. Morale, livre II, Le mot est peut-être un peu fort pour

ch. 43 ; Morale à Eudème, livre VII, la chose, bien qu'au fond l'idée soit

ch. 3 et h. très-juste. Cette ambition n'est réel-

§ 1. Mus par une sorte d'ambition, lemcnt que de l'amour-propre.

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