Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/864

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soit, on trouve à la fois la justice et l’amitié dans un certain degré. Ainsi, l’on traite comme des amis ceux qui naviguent avec vous, ceux qui combattent près de vous à la guerre, en un mot, tous ceux qui sont avec vous dans des associations d’un genre quelconque. Aussi loin que s’étend l’association , aussi loin s’étend la mesure de l’amitié, parce que ce sont là aussi les limites de la justice elle-même. Le proverbe : «Tout est commun entre amis» est bien vrai, puisque l’amitié consiste surtout dans l’association et la communauté, g 2. Tout est commun également entre frères, et même entre camarades. Dans les autres relations, la propriété de chacun est séparée, et elle se restreint d’ailleurs un peu plus pour ceux-ci, un peu moins pour ceux-là ; car les amitiés sont, elles aussi, plus ou moins vives. § 3. Les rapports de justice et les droits ne diffèrent pas moins non plus ; et ces rapports ne sont pas les mêmes des parents aux enfants, et des frères les uns envers les autres, ni des camarades à leurs com- pagnons, ni des citoyens à leurs concitoyens. Et l’on peut appliquer aussi bien ces réflexions à toutes les autres espèces d’amitiés. § A. Les injustices sont également dif-

commence sa Politique en posant ce principe, que tout État n’est qu’une association. — Quelle qu’elle soit, Aristote en cite plusieurs exemples, avant de parler de l’association politique, la plus importante et la plus vaste de toutes. — Tout est commun entre amis. Proverbe dont on attribue la première invention aux Pythagoriciens.

§ 2. Et elle se restreint. Observation dont chacun de nous peut vérifier la justesse dans ses relations personnelles.

§ 3. Et les droits. J’ai ajouté ceci pour compléter et éclaircir la pensée.

§ 4. Les injustices. Le rapport si délicat et si vrai de la justice à l’amitié, éclate encore davantage dans les contraires ; et les injustices qu’on fait à ceux qu’on devrait